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DANSE ET HANDICAP
ESPACE LIBRE ET CHANGE
Est ce que l'accessibilité
et l'excellence peuvent coexister?
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rencontre des publics
LES INTENTIONS
Depuis la conception d’espace libre et change, il m’importait avant tout de me confronter, ainsi que les danseurs de ma compagnie, au monde du handicap.
En effet ayant eu l’occasion de travailler avec David Toole, danseur professionnel handicapé et Adam Benjamin, son professeur, et fondateur de la Compagnie britannique Candoco, j’avais besoin de faire partager les chocs émotionnels et les bouleversements artistiques que ces rencontres avaient engendrés chez moi.
Mon rapport au corps dans son pouvoir d’expression, et au geste dansé, avait été bouleversé a jamais, et j’avais besoin de comprendre pourquoi par une pratique et une réflexion sur le corps «autre» avec les danseurs de ma compagnie. La venue de Jo Parkes, pour une première formation en 2004, nous a permis de répondre à quelques questions et d’en soulever beaucoup d’autres.
Les stages d’Adam Benjamin,en 2005, ont permis aux danseurs de la compagnie de se sentir prèts à mener leurs propres ateliers de façon autonome.
Depuis 2005, nous poursuivons un programme d’ateliers réguliers de danse intégrée, en partenariat notamment avec le collectif AVEC (accompagnement à la vie sociale, à l'enfance et à la cItoyenneté) et le CEM ( centre d'éducation motrice) de Sainte-Suzanne.
Même si le programme Espace libre et change est avant tout une démarche artistique, il nous a ouvert sur une réflexion plus large, notamment sur les notions d’intégration et d’inclusion et le rapport entre accessibilité et excellence.
Les activités du programme «Espace libre et change» permettront, je l’espère, à de nombreuses personnes de découvrir la danse contemporaine ainsi que de changer leur regard sur l’Autre, handicapé ou pas.
Éric Languet
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LA PEDAGOGIE
Qu’est-ce que la danse intégrée?
Pour moi, la motivation première de ces ateliers « Espace libre et change » est toujours et avant tout de nourrir ma démarche artistique.
Je veux confronter des danseurs professionnels ainsi que moi-même à des personnes qui ont des rapports fondamentalement différents avec le mouvement, des manières singulières de se mouvoir.
Pour les personnes handicapées, il s’agit avant tout de se confronter au mouvement, non plus avec ses enjeux d’efficacité immédiate ou d’utilité, mais plutôt de plaisir esthétique et de gratuité.
Chaque individu en retire une satisfaction et un plaisir différents.
Le travail de la Cie Danses en l’R reste toujours de mettre en place un environnement où chacun puisse être à son meilleur niveau d’excellence.
Eric Languet
Quels sont la pédagogie et l’enseignement délivrés
par Adam Benjamin ?
«Le processus pédagogique envisagé ici n’est pas de proposer des «gestes» derrière lesquels on peut se cacher, mais plutôt le contraire. Il s’agit d’apprendre à être présent dans nos corps sans artifices ; il s’agit de comprendre comment on utilise notre poids et notre respiration, de trouver un équilibre entre mouvement et calme, tension et relaxation.
De plus, au-delà de savoir ce que l’on fait avec son corps, il s’agit de négocier des décisions dans le temps et l’espace, d’apprendre à s’identifier aux autres tout en ayant le courage de développer ses propres idées : créativité et sens critique. En gros, il s’agit d’optimiser nos ressources mentales et physiques. Il s’agit d’utiliser la danse à des fins réelles d’éducation physique ; l’éducation qui sert le corps et l’esprit par l’utilisation de ceux-ci.
C’est une approche qui, je l’espère, peut à la fois compléter les pratiques actuelles et offrir une autre voie au grand nombre d’étudiant valides ou en situation de handicap, tenus en échec par l’emphase actuelle mise sur la compétition comme seul moyen d’ éduquer (ou de contrôler) le corps. »
Extrait de Making an Entrance,
Theory and practise for disabled
and non-disabled dancers,
Adam Benjamin. 2001
LA PRESSE
Lève-toi et danse... avec moi
Des corps qui se parlent. s'écoutent. Se supportent. Se complètent. S'accompagnent. S'abandonnent. Se racontent. Des corps. Debout, allongés, enchevêtrés, assis, diminués, leur danse dégage une sorte d'énergie primitive. Et on croirait redécouvrir toute la beauté du mouvement dans sa simplicité. Loin d'être un obstacle, le fauteuil roulant participe au mouvement, prolongement d'un corps qui exprime une émotion, d'un bras qui le soulève.
Isabelle Kichenin, Le quotidien (7/11/2004)
Emotions à l'état pur
Au milieu des mouvements, des fauteuils roulants qui virevoltent, qui s'intègrent, au point qu'on finit par les oublier. pour ne voir qu'un spectacle, avec un regard d'une telle intensité, des sourires qui illuminent des visages, des danseurs qui nous offrent de l'émotion à l'état pur. Béatrice Moreau, Journal de l'île (13/11/2004)
Danse intégrée, danse partagée
Chacun partage l'espace en s'appuyant sur les mouvements, les pulsions et impulsions de l'autre. Qu'ils partent de ces corps meurtris et contraints, où de ceux des danseurs érigés en modèles de grâce et de souplesse, les mouvements s'interpénètrent, se prolongent dans un ballet d'une infinie douceur. La sensualité est partout. Les corps se touchent, se frôlent. Un danseur prend place dans un fauteuil tandis qu'un des enfants se retrouve en train de voler, pris dans un porté acrobatique. Vincent Pion, Le Quotidien
(13/11/2005)
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